Un programme des Forces armées canadiennes unique en son genre fait participer des artistes à de véritables missions

Article / Le 5 avril 2016 / Numéro de projet : 16-0032

Il s’agit du premier numéro d’une série d’articles portant sur des artistes de guerre canadiens contemporains, y compris des peintres, des photographes, des écrivains et des sculpteurs, à qui l’on donne carte blanche pour créer les œuvres de leur choix au terme d’une expérience de 10 jours dans le cadre d’une véritable mission des Forces armées canadiennes.

Ottawa (Ontario) — « Imbattable… la vie dans les Forces! » Voilà un slogan bien connu des Forces armées canadiennes qui pourrait également servir à décrire le Programme d’arts des Forces canadiennes (PAFC), un programme unique en son genre.

Dans le cadre du PAFC, qui a vu le jour en 2001, des artistes sélectionnés sont invités à vivre une expérience militaire complètement immersive de 10 jours, rations, uniformes et tours d’aéronef militaire inclus! De 5 à 10 artistes volontaires sont ainsi insérés dans des exercices et des opérations des Forces armées canadiennes (FAC) tous les deux jours. 

Selon John McFarlane, administrateur du programme, il s’agit d’une initiative bénéfique tant pour les artistes que pour l’organisation militaire. « Les artistes ont l’occasion de vivre une mission des FAC, puis créent et conservent leurs œuvres. Nous organisons ensuite une exposition de celles-ci. » Le PAFC permet ainsi de consigner les activités militaires canadiennes selon une multitude de points de vue.

Au cours de chaque cycle, jusqu’à 50 artistes – ayant un bagage civil ou militaire – s’inscrivent au programme en remplissant les formulaires requis et en fournissant des photos de leur travail. Ceux-ci utilisent divers moyens d’expression artistique, y compris la photographie, l’art dramatique, la vidéo, la musique et la peinture. Ils doivent cumuler au moins 3 années de pratique professionnelle en plus de leur formation. Le PAFC compte un conseil de 10 membres de la communauté artistique canadienne qui sélectionnent les candidats parmi les inscriptions reçues.

« Les artistes sont choisis en fonction de leurs aptitudes, mais ils ne sont pas payés. Le programme ne couvre que leur déplacement et leurs assurances, ce qui ne dépasse habituellement pas 5000 $ », explique M. McFarlane, histoire auprès de la Direction – Histoire et patrimoine des FAC. Ce dernier consacre une journée par semaine à ses tâches d’administrateur du PAFC.

Selon Dick Averns, le premier écrivain d’œuvres non fictives à avoir participé au programme, l’avantage de cet engagement volontaire est de bénéficier d’une liberté d’expression totale, l’artiste ne se sentant pas nécessairement obligé de créer quelque chose en vue de plaire à un client payeur. Averns a pris part en 2009 à l’opération CALUMET – Force multinationale et Observateurs, une opération de maintien de la paix indépendante dans la péninsule du Sinaï. Une partie de son travail consistait à rédiger un essai sur le programme d’arts militaires des FAC, en effectuant une comparaison minutieuse avec d’autres programmes internationaux. Pour ce faire, il a pris en compte les initiatives culturelles de six pays (le Canada, l’Égypte, Israël, l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis) portant sur les œuvres d’art sur la guerre au terrorisme. 

L’insertion dans de réelles missions des FAC permet aux artistes canadiens – civils et militaires – d’explorer et d’apprendre, souligne M. McFarlane. Il en résulte une forme de communication culturelle tout aussi distincte que notre organisation militaire et notre identité nationale.

« Bon nombre d’artistes réalisent que leur perception change en cours de route. Cette réalité devient plus évidente au moment des séances de questions que nous tenons durant les expositions. Il arrive que les artistes entament l’expérience avec certaines idées préconçues. Environ 90 % d’entre eux en retirent une impression positive des forces armées. C’est ce que nous souhaitons avec ce programme. »

M. Averns voit en la liberté accordée aux artistes du PAFC un autre avantage : elle permet l’émergence de nouvelles opinions et de nouveaux points de vue. « Je ne connais aucun autre programme comparable, offrant un processus de soumission ouvert aux artistes et leur donnant l’occasion de participer à des déploiements avec les forces armées de leur pays », souligne l’écrivain, qui est également photographe.

« Les œuvres d’art qui naissent du PAFC ont le potentiel d’exposer des choses qui resteraient autrement invisibles et muettes. »

« Les œuvres d’art qui naissent du PAFC ont le potentiel d’exposer des choses qui resteraient autrement invisibles et muettes. »

Par Anne Duggan, Affaires publiques de l’Armée

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