« L’emploi de rêve » du colonel Lisa Noonan : directrice – Besoins en production du personnel

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Article / Le 30 octobre 2017 / Numéro de projet : 17-0256

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Par Lynn Capuano, Affaires publiques de l’Armée

Ottawa, Ontario — Le colonel Lisa Noonan, qui a récemment obtenu une promotion au sein de l’Armée canadienne, met à profit plus de 30 années d’expérience militaire et d’expérience en ressources humaines dans son poste de directrice – Besoins en production du personnel (DBPP) dans les Forces armées canadiennes.

Dans le cadre de son rôle, basé à Ottawa, elle concentrera ses efforts sur différentes initiatives liées au personnel qui sont énoncées dans le document Protection, Sécurité, Engagement : la politique de défense du Canada, diffusée au printemps de 2017. Le Col Noonan sera fortement mobilisée au service de l’opération GENERATION, qui a été lancée durant l’été.

« L’opération GENERATION est une nouvelle initiative du Commandement du personnel militaire qui vise à accroître la diversité au sein des Forces armées canadiennes et à améliorer davantage le processus de recrutement », a-t-elle déclaré. « Il y aura un effort plus concerté pour atteindre les objectifs d’équité en matière d’emploi (EE) des FAC pour les Autochtones, les femmes et les minorités visibles. »

« Nous devons accueillir plus de gens qui sont issus de milieux différents », a déclaré le Col Noonan. « Et le CCPM [commandant du Commandement du personnel militaire, le lieutenant-général Charles Lamarre] a été très clair : il souhaite accroître et améliorer notre diversité dans le recrutement, mais il souhaite également recruter plus d’hommes. Il ne tente pas d’exclure les hommes, il souhaite que notre organisation soit plus représentative de l’ensemble de la population canadienne. »

L’apport de l’équipe du Col Noonan ira bien au-delà de mettre de nouveaux militaires en uniforme.

« Nous prenons soin des gens lorsqu’ils traversent la porte principale, puis, lorsqu’ils progressent dans leur carrière, nous tentons de tirer le meilleur parti d’eux-mêmes grâce à des cours de perfectionnement, à l’attribution de commissions ou à des reclassements », a-t-elle expliqué. « Notre Direction élabore toutes les politiques qui amènent les gens dans les FAC et qui leur permettent de se perfectionner tout au long de leur carrière, tant grâce à nos programmes et plans internes. Or, nous veillons également à ce qu’il ait un travail bien structuré en réalisant l’étude sur la structure des emplois militaires pour chaque GPM. »

À court terme, « J’espère encourager l’innovation dans la façon dont nous menons nos activités, que ce soit dans nos rapports avec les organisations de recherche afin d’améliorer ou de développer de nouveaux tests, de présenter de nouvelles façons d’améliorer la santé de nos groupes professionnels ou des façons d’améliorer les analyses des groupes professionnels. »

« C’est réellement un emploi de rêve pour moi, car j’adore la nature fondamentale de tout ce que nous faisons à la DBPP. Des carrières et des groupes professionnels significatifs et bien structurés sont tellement essentiels au mieux-être de nos militaires. »

Précieuse expérience et connaissance des enjeux liés à la diversité

L’expérience acquise par le Col Noonan jusqu’à présent l’a bien préparée à relever son nouveau défi d’envergure. Elle est une enfant d’un militaire, elle a travaillé comme réserviste et elle a occupé un poste d’officier de la logistique dans la Force régulière, ce qui l’a amenée à participer à des déploiements à l’étranger, puis elle est passée à la gestion du personnel.

Le Col Noonan détient un baccalauréat spécialisé en psychologie, une maîtrise en sciences (psychologie industrielle et organisationnelle) et elle a réussi les travaux et les examens qui lui permettront d’obtenir un doctorat en psychologie industrielle et organisationnelle. Elle espère que son niveau d’études et son grade l’aideront à faire avancer les choses sur le plan des nouvelles initiatives personnelles.

« Les étudiants du premier cycle et des cycles supérieurs examinent ces enjeux d’une perspective psychologique – que causent la discrimination individuelle et la discrimination de groupe et que doit faire une organisation pour accroître le recrutement et la sélection, augmenter le maintien en poste et ainsi de suite », a-t-elle déclaré.

« Le fait d’avoir un colonel dans la Branche est un élément très positif; cela apporte un certain niveau de scolarité et une façon de penser à propos des enjeux, que ce soit le recrutement, la diversité ou la production de personnel. Nous apportons une expérience en éducation, en formation et en déploiement à la table. Nous pouvons penser aux problèmes et aux enjeux différemment et, espérons-le, améliorer le processus de prise de décisions dans son ensemble », a-t-elle affirmé.

Connaissance des vastes plans liés au personnel

Le Col Noonan n’en est pas à sa première expérience de travail relativement à l’élaboration des vastes plans liés au personnel et au travail avec ces derniers. Depuis 2015, elle travaille sur le transfert des responsabilités de recrutement de la Réserve de l’Armée du Commandement du personnel militaire à l’Armée, elle a occupé les postes de chef de section de l’Équité en matière d’emploi et de la diversité de l’Armée et de l’opération HONOUR et d’officier principal de la sélection du personnel de l’Armée.

En 2009, elle est devenue chef de section à la Direction – Besoins en production de personnel, puis elle est passée à la Direction générale – Carrières militaires où elle a travaillé sur le remplacement du Système d’évaluation du personnel des Forces canadiennes (SEPFC).

En sa qualité de lieutenant-colonel en 2007, elle a contribué à la création du cadre des FAC pour les soins offerts aux malades et aux blessés, qui a donné lieu à la création des unités interarmées de soutien du personnel, elle a entamé le remplacement du SEPFC, elle a planché sur les initiatives de planification de la relève et elle a été responsable d’une variété d’enjeux liés au programme de dépistage des FAC, notamment l’analyse d’urine sur une base anonyme, l’établissement d’un programme de recherche sur les drogues et l’amélioration de la formation sur la sensibilisation aux effets des drogues. Auparavant, elle a dirigé l’élaboration du premier SEPFC, ce qui lui a valu une mention élogieuse en 1998.

Ses premières années et le déploiement d’une des premières femmes dans le soutien logistique au combat

Le colonel Noonan, qui est originaire de Petawawa, en Ontario, a tout d’abord été officier de la logistique dans la Réserve durant ses études universitaires, puis elle s’est jointe à la Force régulière en 1987. Elle a été affectée à Lahr, en Allemagne, et elle a compté parmi les trois premiers officiers de sexe féminin à avoir été acceptée au sein du 4e Bataillon des services, où elle y a occupé le poste de commandant de peloton et de quartier-maître.

En Allemagne, elle dit avoir eu peu de problèmes avec les hommes; c’était le club des conjointes qui n’était pas très accueillant. « Pour être honnête avec vous, c’est le côté social qui m’a le plus choquée. Et les rumeurs qui circulaient! Mais pour ce qui est de l’emploi comme tel au Bataillon des services et à la 4e Brigade, on nous a acceptées après une brève période d’adaptation et je crois que nous nous en sommes bien sorties. »

Transfert à la Branche des services de sélection du personnel et tristes tâches liées à la recherche

Après avoir géré de l’équipement et des fournitures en Allemagne, le Col Noonan s’est rendu compte qu’elle préférait travailler avec des gens et gérer les problèmes de personnel. Elle a été transférée à la Branche des services de sélection du personnel et est devenue officier de la sélection du personnel en 1991.

Le Col Noonan a été l’une des premières femmes à occuper un poste de soutien logistique au combat et, dans son travail avec le personnel, elle a été témoin de choses troublantes. Bien qu’elle s'estime chanceuse de ne pas avoir été prise pour cible, elle a vu des choses bouleversantes.

Du milieu à la fin des années 1980, les FAC ont piloté des essais pour le Programme d’emploi des femmes dans des postes liés au combat, qui comprenait l’intégration des femmes dans des postes de la Force régulière de l’Armée, notamment la Logistique, les Services de santé et les Transmissions. Le Col Noonan a participé aux études qui ont été menées lorsque les femmes ont été intégrées dans les groupes professionnels d’armes de combat dans le milieu des années 1990.

Elle a expliqué : « Je suis allée dans l’Ouest pour faire des entrevues à [Bases des Forces canadiennes] Shilo et Wainwright avec des femmes dans des écoles et des unités de combat. Les femmes étaient victimes d’agression, d’harcèlement sexuel, d’harcèlement personnel et c’était brutal, vous savez? Je suis encore émotive lorsque j’en parle. »

« Ça été difficile, et l’organisation ne s’était pas préparée adéquatement. Je crois qu’elle avait sous-estimée la résistance à laquelle les femmes feraient face », a déclaré le Col Noonan. « Je suis émerveillée que nous ayons autant de femmes et que le nombre se maintienne parce que cela doit avoir été intimidant et difficile. »

Ces expériences l’ont influencée, elles lui ont permis de comprendre à fond le combat des groupes désignés. Cette base de connaissances peut représenter un pas dans la bonne direction, croit-elle, concernant l’Op GENERATION et les autres tâches liées au personnel.

Amélioration de la sensibilisation à la diversité dans les FAC

Le Col Noonan croit que de plus en plus de femmes font leurs preuves dans les armes de combat et qu’elles gagnent le respect de leurs compagnons d’armes. Il y a également des freins et des contrepoids pour éliminer les formes de comportements inappropriés. Elle cite les améliorations apportées au système d’instruction et le fait que les instructeurs sont désormais formés en matière de diversité et de comportement sexuel inapproprié.

« Les stagiaires de sexe féminin et masculin sont également mieux formés et mieux préparés pour accepter la diversité », a-t-elle affirmé. « Le facteur générationnel entre en quelque sorte en ligne de jeu, car j’ai l’impression que les jeunes hommes sont plus ouverts à la présence des femmes dans le milieu de travail. Ils les voient à l’école et au travail depuis 20 ans, contrairement à ces hommes dans la cinquantaine ou la soixantaine qui étaient moins ouverts, parce qu’ils étaient issus de la première génération des baby-boomers. »

Le Col Noonan remarque également que la sous-culture de la consommation d’alcool est moins présente, une culture qui contribuait aux comportements inappropriés. « Beaucoup des incidents survenaient après avoir bu au mess. Il y a un intérêt plus marqué pour le conditionnement physique et les loisirs en général et les comportements contreproductifs sont moins fréquents. Il existe d’autres moyens de créer des liens, pas vrai? »

Des changements positifs prouvent que l’opération HONOUR fonctionne

Le Col Noonan a été témoin de nombreux changements dans les FAC à l’égard de l’acceptation du genre, des minorités et de la diversité des LGBTQ durant ses 30 années de service.

« Mes premières années ont été extrêmement difficiles. Je suis heureuse que nous soyons entrés dans une phase qui promeut une meilleure acceptation. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, mais les choses avancent. J’espère que l’opération HONOUR, et le bien qui en est ressorti, se poursuivra. »

« Je vois tellement de plafonds de verre brisés – que ce soit l’acceptation des femmes dans des domaines non traditionnels, des efforts concertés pour leur offrir des occasions de perfectionnement professionnel ou l’octroi de postes clés », a déclaré le Col Noonan.

« C’est merveilleux et je ne savais pas que je serais témoin de tels changements durant ma carrière. Nous avons évidemment des hommes qui ont un potentiel extraordinaire. C’est beaucoup une question de prospection des talents et d’équilibre des besoins des femmes et des hommes merveilleux qui composent notre organisation. »

Élever des garçons dans un climat de plus grande acceptation des femmes

Le Col Noonan est marié au lieutenant-colonel Mark Johnston, officier d’état-major principal au commandant adjoint du Groupe des services de santé, et ils ont deux fils : Ryan, 18 ans, et Tyler, 14 ans.

Parce qu’ils sont un couple militaire, ils comprennent bien l’emploi de l’autre. « Nous avons parfois des conversations intéressantes sur la résolution des problèmes », a-t-elle déclaré.

« Au début, lorsque nous avions de jeunes enfants et aucune aide de la famille en raison de l’endroit où nous vivions, c’était difficile, mais mon mari m’a démontré qu’il croyait en ma présence et à ma réussite dans le milieu militaire », a mentionné le Col Noonan.

« Pour ce qui est de mes garçons, nous sommes très près et j’espère que j’ai créé chez eux une meilleure acceptation des femmes dans le milieu de travail et les Forces armées canadiennes. Ils m’ont vue frustrée à l’occasion à propos de situations de travail, mais je ne lâche pas, peu importe ce qui arrive. J’ose espérer qu’ils ont appris que la persévérance et la résilience sont incroyablement importantes. »

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