Des tireurs alliés mis au défi à la CTALFAC 2017

Article / Le 2 novembre 2017 / Numéro de projet : 17-0323

Par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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Ottawa (Ontario) — La Concentration de tir à l’arme légère des Forces armées canadiennes (CTALFAC) vise (jeu de mots non intentionnel) officiellement à améliorer l’habileté au tir et le maniement des armes légères chez les soldats participants.

Ceci étant dit, la CTALFAC, c’est bien plus que de simplement tirer sur des cibles à diverses distances et dans différentes positions de tir. La compétition, qui a eu lieu au Polygone de Connaught et Centre d’entraînement élémentaire à Ottawa, de 4 au 16 septembre, est conçue pour tester l’adresse au tir dans des conditions de combat simulées ainsi que les pressions physiques et psychologiques qui les accompagnent. Cette année, les participants comprenaient des Américains, des Britanniques et des Néerlandais.

Dans l’entrevue qui suit, le capitaine Neil Whitewick, qui a dirigé l’équipe de la Réserve de l’Armée britannique de cette année, et l’adjudant 1 Dennis Heerveld, membre de l’équipe de l’Armée royale néerlandaise (et meilleur tireur au pistolet de la CTALFAC en 2011 et 2012), témoignent des défis de la CTALFAC.

Quelles sont vos impressions générales sur la CTALFAC 2017?

Capt Whitewick : « Je suis venu en 2009, comme chef de l’équipe de tir de combat de l’Armée britannique. La chaîne de commandement canadienne était descendue au grand complet pour assister à la compétition cette année-là et a dit : ‟Ce n’est pas très bon.” Ça ne reproduisait pas du tout le combat opérationnel. J’ai même été appelé devant un comité canadien qui m’a demandé mon opinion. Alors je n’ai pas hésité et j’ai dit : Ce n’est pas représentatif.” J’ai dit ça seulement parce qu’entre 2006 et 2009, le Royaume‑Uni, nous étions passés exactement par le même genre de réflexion.

Je peux nettement voir que, depuis 2009 et jusqu’à maintenant, il y a eu un changement massif. Maintenant c’est ‟mouvement, engagement, mouvement, engagement” d’un bout à l’autre. Et ça se fait dans différentes positions de tir, les différents champs de tir et tous les systèmes d’armes. Les matches de tir à la mitrailleuse légère qu’on voit ici sont mieux que ceux qu’on voit au Royaume‑Uni. Ils sont plus accessibles ici – ils tirent durant trois ou quatre épreuves, tandis que nous n’en faisons qu’une. Et l’épreuve de tir au pistolet est mieux ici qu’au Royaume‑Uni.

Adj 1 Heerveld : C’est un véritable défi. C’est assez intense lors des matches de tir au pistolet, du biathlon, et il faut aller voir les tirs de nuit. Ça fait de longues journées. Les tirs commencent à 7 h 30 le matin au champ de tir et ils se terminent à la fin de l’après-midi, après une journée de tirs et de course. Après deux semaines, on ressent la fatigue. C’est absolument différent de ce que nous faisons aux Pays‑Bas, parce que nous ne pouvons pas tenir ce genre d’exercices de tir en raison des limites et des restrictions imposées à nos champs de tir.

Les expériences que nous vivons lors des matches de ce genre, nous les ramenons avec nous. Nous parlons à notre équipe d’instruction au tir et de contrôle, qui élabore le programme global d’entraînement au tir et, lors d’examen, ses membres voient ce qu’ils peuvent utiliser.

Qui sont ceux qui forment vos équipes respectives cette année?

Capt Whitewick : Nous avons une équipe de 14 membres – un chef d’équipe qui ne tire pas (c’est moi), un entraîneur qui ne tire pas (un adjudant supérieur) et 12 tireurs et plus de deux gérants d’équipe qui ne tirent pas. Nous sommes issus de six unités différentes de la Réserve de l’Armée à l’échelle du Royaume‑Uni.

Adj 1 Heerveld : Nous avons une équipe mixte, des soldats jusqu’à un capitaine – il est en logistique. Nous avons des gens de l’infanterie et des gens de l’instruction. Moi-même, je suis chef de la section de la reproduction et des graphiques – c’est une tout autre histoire. Mais à la base, nous sommes tous des tireurs. Et nous faisons aussi du tir de façon privée.

Comment chacun de vous a-t-il découvert son affinité pour le tir?

Capt Whitewick : J’ai commencé à pratiquer le tir en 1997. Ä faisait 12 ans que j’étais dans l’Armée. J’étais instructeur en maniement d’armes. Mon sergent‑major de l’époque est venu me dire : ‟Tu crois que tu enseignes bien? Viens me montrer que tu peux tirer une balle en ligne droite.” Alors, je me suis joint à l’équipe de tir et je me débrouillais plutôt bien, et j’y prenais un réel plaisir. L’année suivante, j’y suis retourné et j’ai participé à la [Compétition de tir opérationnel de la Défense britannique], où j’ai terminé au 107e rang.

Au fil des années, j’ai fait d’autres compétitions, puis je me suis qualifié pour le tir au polygone de tir et je suis par la suite devenu capitaine de l’équipe du régiment. En 2004, je suis devenu capitaine de l’équipe de tir de combat du Corps royal de logistique. Et en 2009, je suis venu ici, au Canada, en tant que capitaine de l’équipe de tir de combat de l’Armée britannique. Je ne tire plus maintenant. Ce que j’aime le plus, c’est de voir les grands sourires qui illuminent le visage des jeunes tireurs, comme quand j’étais moi-même un jeune tireur.

Adj 1 Heerveld : J’ai commencé à tirer en 1995, lors du championnat militaire national. Ça n’a pas été facile de réunir une équipe de tireurs et la Force aérienne a remporté toutes les épreuves. Il était hors de question pour nous que la Force aérienne gagne aussi facilement chaque année, alors nous nous sommes dit qu’il fallait changer notre approche. Nous nous sommes procuré nos propres armes et dès lors, nous faisions vraiment, et officiellement, partie de l’organisation.

Au début, les gens se moquaient de nous au championnat national civil – l’armée arrive, ha! ha! –, car nous n’étions pas de taille contre des civils qui s’adonnent au tir chaque semaine. Mais en 2006 ou en 2007, les choses ont changé. Nous avons commencé à gagner des championnats et à établir de nouveaux records nationaux. Nos tireurs sont autorisés à conserver leurs armes militaires et leurs munitions à la maison, car nous ne tirons pas seulement à l’entraînement les vendredis, nous devons également nous entraîner au tir dans les clubs civils et participer à des compétitions les fins de semaine. Ce n’est pas sur une base volontaire; il ne s’agit pas de tirer un tas de projectiles le vendredi puis de rentrer à la maison. Nous voulons des gagnants.

Cette entrevue a été révisée à des fins de clarté et de concision.

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