Créer des liens avec l’unité : rencontre avec le lieutenant-colonel honoraire Cheryl Robertson

Article / Le 19 septembre 2017 / Numéro de projet : 17-0020

par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

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Saint John (Nouveau-Brunswick) — Cheryl Robertson est une enseignante à la retraite et une bénévole enthousiaste dans sa communauté locale. Son travail, comme salariée ou bénévole, lui a valu l’Ordre du Nouveau-Brunswick en 2014, l’année même où elle est devenue lieutenant-colonel honoraire du 37e Régiment des transmissions, une unité de la Réserve de l’Armée canadienne.

Le fait de nommer de simples citoyens à des postes honoraires en leur donnant un grade militaire et en leur confiant la responsabilité d’agir à titre de conseillers de leur régiment est une vénérable tradition canadienne héritée de la Grande-Bretagne. Sir Robert Borden, notre huitième premier ministre, disait à son époque que ces postes honoraires servaient davantage à attirer « l’attention et la sympathie d’hommes influents et riches en les associant à des régiments. »

Le Lcol honoraire Robertson est toutefois la représentante d’une Armée moderne qui se transforme de façon constante en une organisation plus représentative du pays qu’elle a la responsabilité de défendre. Dans l’entrevue qui va suivre, elle raconte quelques-unes des satisfactions que lui a apporté son travail jusqu’ici, elle donne des conseils aux personnes qui pourraient être intéressées à occuper un jour un de ces postes et décrit le défi que constitue l’apprentissage des acronymes militaires.

Comment avez-vous été amenée à être nommée à ce poste honoraire?

À l’automne 2012, j’ai reçu un appel d’une femme d’affaires de Saint John que je connais. On avait communiqué avec elle pour lui demander si elle voulait que son nom soit soumis pour cette fonction, mais elle ne croyait pas avoir assez de temps à consacrer à cette responsabilité. Elle m’a appelée et m’a demandé si ce poste m’intéressait.

Comment en êtes-vous venu à la conclusion que ce poste vous convenait?

J’ai consulté des amis, mais aussi des gens qui me connaissaient bien et qui possèdent quelques connaissances de la vie militaire. Je leur ai demandé si, à leur avis, j’étais une bonne candidate pour ce poste. Leurs commentaires étaient positifs et encourageants. À la fin du mois, j’ai communiqué avec le commandant du régiment et je lui ai dit que s’il était encore intéressé, j’accepterais qu’il propose mon nom.

Et qu’est-ce qui vous a attiré dans cette fonction?

Mon père a servi durant la Première Guerre mondiale. Mon frère a servi dans la Marine durant cinq ans. Leurs expériences ont été le contact le plus étroit que j’ai eu avec la vie militaire. J’ai grandi dans une famille où le jour du Souvenir était une journée très spéciale qu’il fallait respecter, alors je l’ai célébré. Comme éducatrice à la retraite ayant travaillé surtout à des postes de direction, j’aime apprendre des choses nouvelles; il y a beaucoup à apprendre dans cette fonction, en particulier les acronymes.

Toutes les professions ont des acronymes qui leur sont propres, mais, Seigneur, je crois que les Forces armées sont les championnes dans ce domaine (rires). Au cours de ma carrière de 35 ans comme professionnelle rémunérée, j’ai toujours pratiqué le bénévolat sous une forme ou l’autre. Lorsque j’ai pris ma retraite, il m’a semblé tout naturel de continuer de donner de mon temps aux causes qui me tenaient à cœur.

Quel rôle jouent vos antécédents professionnels en éducation dans vos fonctions?

Lorsque vous travaillez dans le domaine de l’éducation, en particulier au niveau postsecondaire, vous devez être impliqué dans la communauté parce que vous voulez que la communauté donne son appui à votre collège, à votre université où à l’institution pour laquelle vous travaillez. Je possède un grand talent pour réunir les gens et les guider dans un même but ou autour d’un projet commun. Je peux être utile pour créer un lien entre l’unité et les gens de la communauté qui peuvent nous aider à atteindre certains de nos buts.

Jusqu’ici, quel aspect de votre rôle d’officier honoraire a été le plus gratifiant?

J’ai mentionné plus tôt que j’aime apprendre de nouvelles choses. Mieux vous comprenez une organisation, plus vous pouvez lui être utile. Mon expérience a été gratifiante jusqu’ici parce qu’en cours de route j’ai eu des confirmations que j’apprenais. Ce sont de petites choses, comme recevoir un courriel du commandant qui me répond « bonne idée! » ou « votre aide a été très précieuse dans ce dossier ». C’est du renforcement très positif. J’ajouterais qu’observer les réservistes acquérir de nouvelles compétences et devenir des militaires forts, fiers et prêts est également très gratifiants.

En tant que femme, quel est votre point de vue sur les efforts déployés pour accroître la diversité dans les Forces armées canadiennes?

J’ai appris que la noble tradition des officiers honoraires remonte à 1895. Les premières personnes nommées à ces postes étaient des « chefs d’industrie », des gens disposant de moyens financiers considérables. Je ne fais pas partie de ces chefs d’industrie et je ne dispose pas de moyens considérables; je crois donc que le processus de sélection est devenu plus inclusif au XXIe siècle. Lorsque le message vient d’en haut, du commandant de l’Armée, et qu’il se rend jusqu’en bas, je crois que cela aide beaucoup. Je crois aussi que le commandant considère que nous, les officiers honoraires, avons un rôle à jouer pour atteindre cet objectif de diversité.

Pour la suite des choses, l’accent sera mis sur l’atteinte de cette plus grande diversité : plus de femmes, plus de représentants des minorités visibles et plus d’Autochtones. Que devons-nous savoir de plus pour atteindre ce but? Allons à leur recherche. Cela ne signifie pas que ces gens ne posséderont pas tous les autres attributs recherchés, nous n’abaisserons pas les normes pour les accueillir. Il y a quantité de candidats de qualité, nous devons simplement travailler un peu plus fort pour les rejoindre.

Avez-vous un conseil à donner aux autres candidats aux postes d’officiers honoraires?

Je leur dirais de se poser les questions suivantes : est-ce que ce travail ou cette cause m’intéresse? Ensuite, qu’est-ce que je peux apporter à ce travail ou à cette cause? Est-ce que je vais apprendre quelque chose de nouveau? La plupart du temps c’est le cas. Est-ce que ce sera un travail plaisant? Car à un certain âge et à une certaine étape de la vie, vous ne voulez pas rentrer à la maison et vous demander « pourquoi Seigneur est-ce que j’ai accepté de m’embarquer là-dedans? (rires) »

J’aimerais faire un dernier commentaire : il ne s’agit pas d’un poste pour une personne timide ou gênée. Si vous n’avez pas le courage de poser des questions, très souvent vous allez rester dans l’ignorance, en particulier si vous n’avez aucune expérience militaire. La plupart des réponses sont positives et il s’agit d’une expérience très gratifiante, comme je l’ai moi-même constaté.

La présente entrevue a été éditée pour en améliorer la clarté et la raccourcir.

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