Un commandant de régiment de reconnaissance blindée pave une nouvelle voie pour les femmes

Article / Le 8 mars 2018 / Numéro de projet : 18-0092

Par le caporal Natasha Tersigni, Affaires publiques du 38e Groupe-brigade du Canada

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Moose Jaw (Saskatchewan) — « Premiers arrivés – derniers partis ». Personne ne représente mieux la première moitié de la devise des escadrons de reconnaissance blindée que le major Gillian Dulle, commandant du Saskatchewan Dragoons.

« Premiers arrivés – derniers partis » est la devise du groupe professionnel de reconnaissance blindée : ses membres vont au-devant de la force principale pour obtenir de l’information sur l’ennemi et servir d’écran aux troupes en mouvement.

Lorsque le major Dulle a pris le commandement de son régiment de la Réserve de l’Armée canadienne à Moose Jaw en mai 2016, il s’agissait de la première fois dans l’histoire des Forces armées canadiennes qu’une femme était nommée commandant de reconnaissance blindée.

Elle n’en savait rien à l’époque, et n’en a pas vraiment fait de cas lorsqu’elle l’a appris. Son objectif était simplement de continuer à faire ce qu’elle fait de mieux : diriger ses troupes.

« J’occupais déjà mon poste de commandant de régiment lorsqu’on m’a informée que j’étais la première femme dans cette position au sein de l’arme blindée. Je ne le savais pas au moment d’accepter mes fonctions, et j’essaye de ne pas trop m’en préoccuper. J’ai obtenu le poste parce que je suis compétente et qualifiée, et non pas parce que je suis une femme », souligne-t-elle.

« C’est intéressant, c’est un petit fait historique. Mais je trouve ça étrange. On commence enfin à voir des commandants et des sergents-majeurs de sexe féminin dans les armes de combat, alors que les femmes y sont admises depuis déjà plus de 30 ans », poursuit-elle.

« Ça fait partie de l’histoire et démontre que notre organisation militaire s’est adaptée et a changé. Nous avons atteint un point où ces changements commencent aussi à se faire sentir au niveau du commandement. »

Les armes de combat englobent les quatre groupes professionnels de l’Armée canadienne axés sur le combat : l’arme blindée, l’artillerie, l’infanterie et le génie. L’infanterie engage et détruit directement les forces ennemies, tandis que les autres fournissent la puissance de feu et les capacités destructrices nécessaires sur le champ de bataille.

Le major Dulle s’est jointe au Saskatchewan Dragoons, 38e Groupe-brigade du Canada, à Moose Jaw (Saskatchewan) en 2003 à titre de militaire du rang. Toujours à l’école secondaire à l’époque, elle a vu en la Réserve une occasion de gagner de l’argent, une occasion certainement plus profitable que son autre option de préposée à la station à essence du coin.

Cette jeune militaire a rapidement trouvé sa voie au sein de la reconnaissance blindée. Elle a obtenu sa commission d’officier à peine trois ans plus tard.

En 2009, elle a pris part à un déploiement à Kandahar, en Afghanistan, où son travail consistait à établir et à améliorer les relations stratégiques dans la région.

Elle est retournée en Afghanistan en 2011-2012 dans le cadre de la roto 0 de l’opération ATTENTION, à titre de mentor auprès de soldats afghans au collège d’état-major de l’Armée nationale afghane à Kaboul. C’est durant ce déploiement que son statut de femme a été problématique pour la première fois de sa carrière militaire.

« Mon affectation comme mentor auprès de l’Armée nationale afghane a été la seule fois de ma carrière où j’ai fait face à un véritable obstacle en tant que femme. Mais il s’agissait surtout d’un obstacle culturel; une fois que les soldats afghans ont compris que je savais ce que je faisais et que je possédais une expérience de combat à Kandahar, ma crédibilité a augmenté et ce n’était plus un problème », estime le major Dulle. Elle ajoute qu’être une femme n’a jamais eu d’autres effets négatifs, ni à l’entraînement, ni en cours, ni en déploiement.

« En me joignant aux armes de combat, j’allais nécessairement être toujours en minorité. C’est une préoccupation qui me chicotait au début, lorsque je me suis enrôlée. Mais plus maintenant. Aucune de mes inquiétudes initiales ne s’est concrétisée. »

Les armes de combat comptent plus de femmes dans la Réserve que dans la Force régulière, soit 5,6 % comparativement à 2,4 % (en date de 2016). Ces pourcentages sont à la hausse, et les groupes professionnels d’officiers ayant la plus importante représentation féminine dans les armes de combat sont l’artillerie et le génie. Pour les groupes professionnels de militaires du rang, les femmes sont les plus nombreuses au sein de l’artillerie et de l’arme blindée.

En ce qui concerne les difficultés inhérentes au poste, le major Dulle doit surmonter les mêmes obstacles que n’importe quel commandant de régiment des armes de combat dans la Réserve.

« Le temps est toujours problématique. Les réservistes travaillent à temps partiel. Mais être commandant, ce n’est pas une fonction à temps partiel », affirme-t-elle.

« Il faut gérer son emploi civil, sa vie familiale et sa vie sociale, tout en gardant ses fonctions de commandement à l’esprit. Ce n’est pas un travail d’un soir par semaine et d’une fin de semaine par mois. On est toujours en mode de commandement, et il faut intervenir lorsque quelque chose survient », explique le major Dulle.

« C’est exigeant de gérer ces divers aspects tout en essayant de vivre une vie normale. Mais c’est un travail extrêmement gratifiant. »

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