« Relevez ce canon » : le 1st Hussars inspecte le blindé du jour J à London, en Ontario

Article / Le 26 octobre 2017 / Numéro de projet : 17-0272

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par Steven Fouchard, Affaires publiques de l’Armée

London (Ontario) — Les Canadiens souligneront le 75e anniversaire du débarquement du jour J en 2019 et un groupe d’anciens combattants de la Réserve de l’Armée en Ontario travaille à préserver un artéfact précieux de cette journée importante.

Le Holy Roller, un blindé de modèle Sherman M4 fabriqué aux États-Unis et dont l’équipage était constitué de membres du 1st Hussars lors des combats, se trouve dans le parc Victoria de London (Ontario) depuis 1950, lorsqu’il est devenu un monument dédié à ce régiment. Le 1st Hussars est le seul régiment à avoir atteint son objectif lors du débarquement de Normandie, un exploit qui lui a valu de nombreuses louanges.

Le Holy Roller est également l’un de deux blindés qui ont pris part au débarquement du jour J et qui sont demeurés intacts jusqu’à la fin de la guerre. L’autre, surnommé Bomb, était commandé par un équipage du régiment The Sherbrooke Hussars. Il est exposé au manège militaire de la rue William, à Sherbrooke (Québec).

Un groupe d’anciens combattants et de membres actifs du 1st Hussars a pu visiter l’intérieur du Holy Roller en mai 2017, lorsque la ville a dû enlever les scellés pour la première fois depuis qu’il est devenu un monument commémoratif afin d’évaluer son état. Ils ont malheureusement constaté la présence de nombreux détritus qui ont été jetés à l’intérieur par différentes petites ouvertures du châssis, notamment des seringues. Une entreprise privée a donc été engagée pour procéder à sa désinfection.

En août, une fois cette opération terminée, le lieutenant-colonel (à la retraite) Joe Murray, un ancien Hussar et actuel président de l’Association des 1st Hussars, ainsi que quelques autres personnes ont entrepris une inspection plus minutieuse du blindé.

Dans le cadre de l’inspection, les ouvertures du Holy Roller qui avaient entraîné sa détérioration ont été scellées, ce qui a permis de faire quelques découvertes beaucoup plus agréables.

« Nous avons trouvé deux clés à molette et un couteau à gaine. Tout est remarquablement intact à l’intérieur », souligne le Lcol (ret) Murray. « Il y a encore des connexions pour la radio ainsi qu’un petit panneau sur lequel est écrit “canteen”. La transmission est toujours là. Les périscopes et quelques jauges ont été enlevés à l’intérieur et se se trouvent dans notre musée régimentaire. »

Les anciens combattants de la région de London seront assurément heureux de voir que le canon du Holy Roller a été replacé dans l’angle qu’il avait lors de l’inauguration du monument.

« Lorsque vous abaissez le canon de votre blindé en d’autres circonstances qu’un salut, c’est un signe de défaite », explique le Lcol (ret) Murray. « Un certain nombre d’anciens officiers de l’Arme blindée ont communiqué avec nous pour nous dire qu’il fallait relever ce canon. »

Le caporal (à la retraite) Perry Kitson, un ancien membre du 4e Bataillon, Royal Canadian Regiment et bénévole de l’Association des 1st Hussars, fut l’un des premiers à entrer dans le Holy Roller après son nettoyage. Il rédige actuellement un rapport sur son état à l’intention de la cité de London.

Passionné de véhicules militaires depuis longtemps, le Cpl (ret) Kitson exploite une entreprise de restauration de véhicules et se rend chaque année à plusieurs activités publiques avec l’une de ses propres acquisitions : un canon automoteur fabriqué en Angleterre.

« Personnellement, je ne vois que trois options pour l’avenir de ce blindé », avoue le Cpl (ret) Kitson. « La première : quelque chose est fait à l’intérieur pour ralentir le processus de détérioration et il demeure dans le parc comme monument. La deuxième : le blindé est transporté hors du parc, l’intérieur est démonté convenablement, les pièces sont décapées au jet de sable, on applique dessus un apprêt et de la peinture, puis le blindé est conservé à l’intérieur, où il ne subira pas les ravages des intempéries. La troisième option, qui est ma préférée : il est restauré, remis en état de marche et conservé à titre de monument actif rendant hommage au 1st Hussars et aux militaires canadiens en général. »

Le Lcol (ret) Murray, qui s’est enrôlé dans le 1st Hussars à l’âge de 16 ans, admet qu’il a adopté avec enthousiasme l’histoire du régiment lors de ses différents pèlerinages en Normandie, où se rendent chaque année des militaires pour rendre hommage à ceux qui ont péri lors du jour J. Il n’était encore qu’un jeune militaire lorsqu’en 1971 un autre Sherman canadien, surnommé Bold celui-là, fut dédié au Régiment. Il a été récupéré dans la Manche en 1970 et est maintenant exposé sur la plage de Courseulles-sur-Mer, en France.

« Je suis tombé en amour, j’oserais dire, avec le régiment et ses histoires parce que j’ai participé aux pèlerinages des anciens combattants qui étaient au débarquement. J’ai rencontré ceux qui ont participé à cet événement historique et qui ont réalisé des exploits formidables », explique le Lcol (ret) Murray.

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