Le capitaine Suhan Kwon : un puissant et vivant hommage à Kapyong

Article / Le 22 avril 2016 / Numéro de projet : 16-0077

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London, Ontario — Plus de six décennies après la lutte réussie de 700 militaires canadiens contre 5 000 ennemis, la bataille de Kapyong a inspiré le capitaine Suhan Kwon à se joindre à l’Armée canadienne (AC).

« Le Canada a envoyé l’un des plus importants contingents en Corée. C’est une façon pour moi de redonner », a expliqué le Capt Kwon, qui a immigré au Canada de la Corée avec sa famille à l’âge de neuf ans. Officier de la logistique, il est un membre de la Force régulière affecté au Quartier général du 31e Groupe-brigade du Canada à London, en Ontario.

Le 24 avril 1951, le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (PPCLI) met fin à l’invasion communiste et change abruptement le ton de la guerre de Corée, qui passe d’un effort offensif chinois à une retraite. M. Dan Bjarnason, un ancien correspondant de la télévision à la CBC et auteur du livre Triumph at Kapyong: Canada’s Pivotal Battle in Korea (2011, Dundurn Toronto) décrit Kapyong comme « l’une des batailles défensives de l’histoire la plus parfaite. »

Connu sous le nom de colline 677, l’emplacement de la bataille de Kapyong est le lieu de sépulture des ancêtres du Capt Kwon, un lieu où il s’est souvent rendu. « Lorsque nous allons honorer la sépulture de nos ancêtres, nous passons devant la plaque commémorative de ces militaires canadiens », a mentionné le Capt Kwon. La bataille de Kapyong, malgré la férocité des 700 Canadiens contre 5 000 ennemis, a coûté la vie à 10 Canadiens, et 23 ont été blessés. Le résultat de la bataille et la plaque sont des témoignages de la bravoure et de l’entraînement du Patricia.

La décision du Capt Kwon de s’enrôler dans l’AC allait à l’encontre de l’une des intentions du déménagement de la famille de l’autre côté de l’océan Pacifique. De surcroît, de tout le continent de l’Amérique du Nord, le choix s’arrêtait sur North York, en Ontario. « Ma famille avait entre autres décidé de déménager au Canada afin que je n’aie pas à servir dans l’armée coréenne, ce qui est obligatoire, mais je me suis enrôlé dans l’Armée canadienne », a-t-il dit en riant. Son père a servi 10 ans dans l’armée de la Corée du Sud.

Or, sa famille a rapidement reconnu les avantages du service militaire pour son fils, dont des études au Collège militaire royal (CMR) du Canada à Kingston, en Ontario. « Mon père était heureux de ma décision de m’enrôler dans l’Armée canadienne, car cela signifiait que j’allais poursuivre mes études et continuer à faire du sport. Si je m’étais inscrit à une autre université, j’aurais dû laisser tomber le sport. Ma mère n’était pas chaude à l’idée, mais elle aime le fait que j’ai reçu une éducation universitaire gratuite. »

Le taekwondo, un art martial coréen, a pesé lourd dans la balance lorsque le Capt Kwon a décidé de fréquenter le CMR. Une équipe de taekwondo représentait le Collège à ce moment. Il s’agit de l’une des plus anciennes formes d’art martial au monde, il serait vieux d’au moins 2 000 ans. Son nom est issu des mots qui décrivent le plus précisément cet art : Tae (pied), Kwon (main) et Do (art). Le Capt Kwon détient actuellement une ceinture noire 5e degré, et il donne des cours aux membres du personnel militaires et civils après le travail. Il continue de représenter l’Association de taekwondo des Forces armées canadiennes (ATFAC), et il participe à des compétitions vêtu de son uniforme sur lequel est imprimé le logo des FAC.

Le passage de la vie chez ses parents à des études universitaires à temps plein en administration des affaires et à un sport universitaire a été difficile pour le Capt Kwon. « Tout ce dont je me souviens, c’est que je courais et je faisais mon lit », a-t-il déclaré en pensant à ses années au CMR. « Je me réveillais, je courais cinq kilomètres, je prenais une douche, je prenais part à la revue, j’allais à mes cours et je participais à mon entraînement de taekwondo de l’équipe universitaire. Oui, l’entraînement était difficile, et je me sentais parfois dépassé, mais il m’a permis de faire face à d’autres défis. »

Durant ses études au CMR, le Capt Kwon a développé une appréciation accrue des occasions qui sont mises à la disposition des membres de l’Armée canadienne. « Nous avons tous une certaine perception de l’Armée. J’ai appris, par exemple, que le GPM de la Logistique comprend ma propre spécialité, les Finances, ainsi que le Transport, l’Approvisionnement, les Ressources humaines et les Services d’alimentation. »

Le Capt Kwon a parfois été confronté à des manifestations de racisme. Il attribue principalement ces situations à des stéréotypes persistants et à un manque de sensibilisation à la culture. À titre d’exemple, le classement en ordre alphabétique utilisé durant l’instruction élémentaire du Capt Kwon a eu une conséquence malheureuse. « Nous étions un grand groupe, pour la plupart des Asiatiques. Il y avait des Kim, des Park [un nom de famille aussi très répandu en Corée] et des Lee. Le personnel du cours est rapidement devenu confus, et n’arrivait pas à nous différencier, ce qui a entraîné une attention non désirée et des blagues racistes. Habituellement, mais pas toujours, notre groupe trouvait les blagues drôles, plutôt qu’offensives. Cela a eu l’effet de resserrer les liens au sein du groupe, et nous avons profité de l’occasion pour partager notre culture avec nos pairs. »

Les avantages de faire partie de l’AC demeurent à l’avant-plan pour le Capt Kwon. « Je me sens comme dans un terrain de jeu. Mon GPM est la Logistique, mais je ne suis pas contraint à ce domaine, et il existe tellement de possibilités. Si je souhaite mettre sur pied un groupe d’intérêt, comme le Groupe consultatif des minorités visibles de la Défense, ou une équipe sportive, ma chaîne de commandement est toujours favorable. De plus, les activités aux champs de tir, les marches avec sac à dos et les autres activités de l’unité me tiennent en forme et me stimulent. »

Tout comme au moment de son enrôlement, la famille du Capt Kwon appuie sa décision de demeurer à l’AC. En fait, c’est en raison de sa famille qu’il bénéficie d’une poste comme membre de la Force régulière dans une unité de la Réserve. « La chaîne de commandement (C de C) a vraiment à cœur notre bien-être moral. L’année dernière, mon père a eu une greffe cardiaque. Tous les membres de ma famille ont bénéficié des avantages sociaux que me procurent l’AC – grâce au congé pour raisons de famille que j’ai pu prendre et de mon affectation à London, en Ontario, qui a été planifiée par ma C de C afin de me permettre d’être près de ma famille. »

 

La guerre de Corée s’est déroulée de 1950 à 1953. La lutte tendue entre le communisme et la démocratie a pris naissance après la Seconde Guerre mondiale. Plus de 26 000 Canadiens ont défendu la cause de la paix et de la liberté dans cet effort des Nations Unies. La bataille de Kapyong, en avril 1951, représente l’un des plus rudes combats vécus par nos soldats pendant cette guerre.

Par Anne Duggan, Affaires publiques de l’Armée

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