De la natation au feu des gros canons : le lieutenant-colonel Sarah Heer

Article / Le 23 octobre 2017 / Numéro de projet : 17-0239

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Par Lynn Capuano, Affaires publiques de l’Armée

Octobre est le Mois de l’histoire des femmes au Canada. Cette année, le thème de ce mois est « Prendre sa place ». Depuis la Confédération, il y a 150 ans, un grand nombre de femmes fortes et compétentes revendiquent la place qui leur revient dans la glorieuse histoire de notre pays, y compris des femmes qui servent dans l’Armée canadienne (AC). Voici le portrait d’un tel officier, le lieutenant-colonel Sarah Heer, membre du Régiment royal de l’Artillerie canadienne (RRAC). 

Ottawa, Ontario — Le lieutenant-colonel Sarah Heer s’est enrôlée dans l’Armée canadienne en 1997, en s’inscrivant au Collège militaire royal du Canada (CMR).

Étonnamment, c’est l’eau qui l’a menée à une carrière dans les forces terrestres et la section des gros canons de l’Armée canadienne (AC). Jeune nageuse de compétition, le Lcol Heer a été intriguée lorsqu’une membre des Forces armées canadiennes (FAC) et ancienne nageuse lui a dit que sa propre expérience de nageuse de compétition l’avait aidée à réussir au CMR et à faire carrière dans l’armée.

« Après cette conversation, j’ai commencé à songer à m’enrôler. Je voulais vivre quelque chose qui me mettrait au défi sur le plan physique et sur le plan mental, comme c’était le cas avec la natation de compétition, et c’est ce que j’ai vécu en m’inscrivant au CMR et en devenant officier d’artillerie », mentionne le Lcol Heer.

Durant les quatre années qu’elle a passées au CMR, elle a représenté le Canada aux Jeux militaires mondiaux, où elle a remporté quelques médailles, en plus de recevoir le titre d’athlète féminine des FAC de l’année en 1998.

Si elle avait d’abord songé à devenir officier d’infanterie, elle a rapidement visé une carrière dans l’Artillerie. « J’étais attirée par la diversité des tâches, le travail d’équipe sur tous les plans et, bien honnêtement, la puissance de feu brute de l’artillerie sur le champ de bataille. »

Après avoir obtenu son diplôme du CMR, elle s’est jointe au 2e Régiment, Royal Canadian Horse Artillery (2 RCHA), à Petawawa, en Ontario, et a décidé de mettre fin à sa carrière de nageuse de compétition. « J’ai alors accordé toute mon attention à ma carrière dans l’artillerie, je voulais plus spécifiquement être à la tête des soldats de la troupe d’artillerie, ce que j’ai eu l’honneur de faire. »

Carrière et expérience de déploiement : 20 ans, et ce n’est pas fini

Le Lcol Heer a vécu une vaste gamme d’expériences au sein du 2 RCHA : officier des pièces et observateur avancé, brève période comme capitaine-adjudant d’unité au poste de commandement régimentaire et une autre comme G1 (Personnel et Administration) au 2e Régiment, Groupe-brigade mécanisé du Canada. Elle a été commandant de la Batterie E du 2 RCHA de 2011 à 2013.

Elle a suivi le Programme de commandement et d’état-major interarmées et obtenu une maîtrise en études de la défense au Collège des Forces canadiennes, à Toronto, en 2014, et a été affectée à l’État-major interarmées stratégique à titre de planificatrice régionale pour l’Amérique latine. En 2015, le Lcol Heer a été pendant un an gestionnaire de carrières des officiers d’artillerie. Elle est la première femme à avoir occupé ce poste, un fait qu’elle minimise. « Pour être un bon gestionnaire de carrières, il faut, selon moi, être respecté, crédible et être capable d’établir rapidement une relation avec les officiers que vous gérez », affirme-t-elle.

Son expérience de déploiement inclut des missions de guerre et des missions humanitaires : Kaboul, en Afghanistan, en 2003-2004, et des missions avec l’Équipe d’intervention en cas de catastrophe (EICC) au Sri Lanka, en 2005, et en Haïti, en 2010.

Elle a été en déploiement à Kaboul pendant six mois en 2003-2004 en tant que commandant de la troupe d’artillerie de la Batterie F, en appui du Groupement tactique du 3e Bataillon, The Royal Canadian Regiment. Elle était chargée de la reconnaissance, du déploiement de trois obusiers, de l’instruction et des besoins administratifs personnels de 30 soldats, en plus d’agir comme officier de service pour le centre de coordination des feux d’appui au Centre des opérations tactiques du groupement tactique.

Soutien à la maison pendant les déploiements

« Je faisais face aux mêmes défis que la plupart des soldats qui participent à des déploiements; être loin de son conjoint et de nos êtres chers, ce n’est jamais facile », se rappelle-t-elle. « Je n’avais pas d’enfants à l’époque, nous venions de nous marier. »

« En y repensant, je comprends la chance que j’ai eue d’aller en mission si tôt dans ma carrière; ce fut une expérience exceptionnelle de pouvoir mettre ma formation à profit aussi rapidement dans le cadre de missions opérationnelles concrètes. Cela m’a permis d’enrichir mes compétences professionnelles, mais aussi de renforcer ma confiance dans ma propre approche au leadership », résume-t-elle.

En tant qu’officier des opérations d’une compagnie lors des deux missions de l’EICC, elle a coordonné les tâches et travaillé en étroite collaboration avec des organisations non gouvernementales, l’état-major supérieur du quartier général interarmées et d’autres pays.

« Ce qui m’a marquée lors de ces deux déploiements, ce fut de constater l’ampleur de la dévastation et que tant de personnes avaient besoin d’une aide urgente », souligne-t-elle. « Ce fut inspirant de voir la force et la résilience des Sri-Lankais et des Haïtiens après avoir vécu une telle catastrophe majeure. »

Après la naissance de ses filles, partir en mission en Haïti a été plus difficile, mais elle savait qu’elle pouvait compter sur son mari. « Nos filles, Jenna et Lauren, avaient quatre et deux ans à l’époque. Les quitter n’a pas été facile, mais cette mission m’a permis de constater que, comme famille, nous pouvions surmonter cette épreuve. »

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